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Katie Bethune-Leamen

Shallow

En vedette le centre d’exposition temporaire katie pour l’art de katie

Pour son exposition Shallow (superficiel) Katie Bethune-Leamen réflechit sur sa propre identité, en récupérant certaines images et pratiques de la culture populaire. Ses travaux, dépourvus de toute originalité, banalisés par le choix des images proposées et les thématiques abordées, nous renseignent sur l'élaboration du vocabulaire personnel de Katie Bethune-Leamen, tiré de logos de produits commerciaux, de personnages de bandes dessinées et d'autres symboles stéréotypés.

Dans la série d'impressions à jets d'encre, Scenes from the End (Scènes de la Fin) (1997) , l'artiste a créé ce qu'elle appelle des images de pseudo-apocalypses, en faisant exploser des lumières flashantes sur des fonds aux couleurs criardes. Les titres Brown Glow - Honey Rice Krispies (Lueur brune - Rice Krispies au miel) signalent au spectateur que ces images sont en fait des reproductions de couvertures de boîtes d'emballage pour céréales. Rapidement, l'effet premier, aussi positif soit-il, s'estompe puis disparait, imitant parfaitement les stratégies de commercialisation employées pour des produits alimentaires peu nutritifs.

Office trailer arranged in the exhibition space


Bethune-Leamen présente la série Dangers (1997) comme des dessins, de minuscules autocollants simplement transféré au papier par le procédé du décalcomanie. Cette appropriation (ou devrions-nous plutôt parler d'échantillonage?) remet en question les notions de droit d'auteur, d'originalité et de propriété des images, surtout lorsque celles-ci sont destinées à une production de masse.

Encore une fois, Bethune-Leamen subvertit ce concept dans Sans Titre (1997), une série de dessins qu'elle a tracés de sa propre main. Réalisés au crayon et à la gouache, des personnages familiers de bandes dessinées tels Pinnochio, Aylmer l'éléphant et Goofy, arborent, de façon audacieuse, les piercings les plus variés. La présence de ces piercings suppose que la constance de ces personnages, dans la conscience infantile, pourrait cacher des connotations beaucoup plus profondes qu'il n'en paraît au premier abord.

Étude pour Post-Modernisme, 1997
photographie couleur


Présenté en deux parties, The Cat Tattoo Project (Projet de tatouage d'une tête de chat) (1996- en cours) aborde l'idée du corps et de l'esprit, comme sites potentiels de consommation. D'abord, dans un coin de la galerie, un écran vidéo montre l'artiste au moment où l'image générique d'un chat de bande dessinée est tatouée sur son épaule. Simultanément, sur le mur d'à côté, une projection vidéo retrace l'effacement de ce même tatouage, un an plus tard, par de multiples traitements aux lasers. Avec humour, Katie Bethune-Leamen s'en prend, personnellement et physiquement, aux modes passagères que sont les tatouages et piercings corporels.

Les différentes thématiques de cette exposition fusionnent à même l'œuvre centrale, au titre audacieux, Temporary Katie Centre for Katie's Art (Le Centre d'exposition temporaire Katie pour l'art de Katie). Dans une roulotte de chantier de construction, stationnée dans l'aire de chargement de la galerie, les visiteurs sont invités à s'inscrire à une résidence d'un jour. On fournit aux participants des matériaux d'art ainsi que des images du répertoire de Bethune-Leamen, en les encourageant à créer des œuvres pouvant s'inscrire dans son style, qui, au fond, est une imagerie empruntée à la culture populaire. Toutefois, au fur et à mesure que les participants se plongent dans cet exercice, ils commencent à établir leurs propres relations avec cette thématique.

Est-ce à dire que, pour faire place à l'identité personnelle, dans la clameur de la société, saturée de médias et surchargée de consommation, chaque personne doit sonder les couches superficielles de cette même culture avant de pouvoir accéder aux profondeurs de sa propre psyché?

David Liss

special thanks to Dr. Dumais, Gil Bub, the companies S.D.M., MP Photo, JAC canada, L.L.Lozeau, MachineCo, and Conseil des Arts et des Lettres du Québec, Ville de Montréal,


Katie Bethune-Leaman a également présenté son travail lors des expositions collectives
Made
Main d'Œuvre
et Buy-Sellf